[article]
Titre : |
Economie fonctionnelle : vers un nouveau modèle économique |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Christophe Gobin, Auteur |
Année de publication : |
2007 |
Article en page(s) : |
1-12 p. |
Note générale : |
Conception et production |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
Economie fonctionnelleBusiness model |
Index. décimale : |
62 Ingénierie. Art de l'ingénieur. Technologie en général |
Résumé : |
La première décennie du XXIe siècle sera marquée par la recherche d'un nouveau « business model » sous la pression incontournable des exigences d'un développement durable. En effet, cette mise en perspective au plan mondial pose de fait deux problèmes essentiels dont la résolution passe par des concepts économiques renouvelés.
Le développement durable suppose désormais d'avoir un souci permanent de l'emploi des ressources mobilisées pour répondre à toute activité marchande. Ce retour aux sources de l'économie qui est par définition l'art de gérer la rareté n'est pas seulement salutaire. Il soulève une difficulté majeure, celle du financement. En effet, s'il s'agissait uniquement de produire de nouvelles offres, la solution passerait par une prime à l'imagination. Mais la réalité concerne aussi le stock des offres déjà placées. Leur mise à niveau dépasse de beaucoup la capacité de solvabilité. À titre d'exemple en construction, le renouvellement du stock est de l'ordre de 1 % l'an. C'est bien sûr un cas extrême mais les taux de renouvellement des parcs sont généralement inférieurs à 10 %.
La seconde difficulté à surmonter réside dans une autre dimension durable et qui n'est pas apparue immédiatement aux acteurs économiques. Contribuer à un développement durable, c'est œuvrer obligatoirement dans la durée. L'objet n'est pas de produire des artefacts qui durent plus longtemps. La vraie question est celle de réaliser que l'utilisateur final va avoir un rôle essentiel dans l'usage de l'offre. Un même produit suivant celui qui l'utilise va conduire à des comportements environnementaux contrastés. Toujours à titre d'illustration, un même bâtiment suivant ses occupants va voir ses performances environnementales affectées d'une variation de 15 %. Le développement durable suppose une coopération plus étroite entre producteur et utilisateur.
Ces deux éléments du contexte économique contemporain bousculent la représentation traditionnelle de l'économie marchande qui est fondée sur deux postulats :
*
l'offre fait l'objet d'une transaction instantanée c'est-à-dire ponctuelle ;
*
pour l'offre, l'équilibre utilisation/usage est une affaire hors marché relevant du domaine privé.
L'économie fonctionnelle prend elle le contre pied de cette économie classique.
Son premier principe est de découpler désormais le contenu technique de toute offre de l'usage que va en faire l'utilisateur final. Ce qui importe en effet c'est moins les moyens mis en œuvre que le résultat attendu. Cette inversion des priorités a pour avantage d'aller à l'essentiel c'est-à-dire de désigner la finalité recherchée préalable à toute transaction économique. Ce faisant, il ne s'agit pas de négliger la dimension technique de tout artefact mais bien de ne la considérer que comme auxiliaire de l'usage qu'elle concourt à délivrer. Cette prévalence de l'utilisation que certains qualifieraient de « service » ne doit pas induire un contresens. L'économie fonctionnelle n'est pas immatérielle ; au contraire, elle privilégie l'économie réelle mais la conditionnant à la mesure effective d'une fonctionnalité accomplie.
Le second principe de l'économie fonctionnelle est de se fixer un horizon d'évaluation plus large. Le « service » qui est procuré s'accompagne d'une prise en charge sur plusieurs années. La transaction marchande est donc dilatée et la relation client-fournisseur est pérennisée sur une longue période. Il ne s'agit pas alors d'une captation mais plutôt d'une fidélisation puisque le contrat liant les parties est équilibré car il repose sur un contrôle permanent du niveau de satisfaction. Cette prise en compte de la durée permet de desserrer la contrainte actuelle d'une rentabilité immédiate et à très court terme. L'économie fonctionnelle privilégie ainsi une relation de confiance entre les parties intéressées en engageant un jeu à somme positive alors qu'il est à l'heure actuelle trop souvent à somme nulle.
L'objectif de ce dossier est d'expliciter plus avant les composantes de l'économie fonctionnelle et ce en deux temps. Il sera tout d'abord examiné les raisons d'un recours à ce type de transaction. Puis les conditions de mise en œuvre seront détaillées. Tout cela doit permettre d'engager un débat collectif qui est le préalable pour le déploiement de ce modèle économique. |
Note de contenu : |
Bibliogr. Doc. AGC2010 |
REFERENCE : |
AG 2010 |
ISSN : |
1282-9072 |
Date : |
Juillet 2009 |
En ligne : |
http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/genie-industriel-th6/strate [...] |
in Techniques de l'ingénieur AGC > Vol. AGC1 (Trimestriel) . - 1-12 p.
[article] Economie fonctionnelle : vers un nouveau modèle économique [texte imprimé] / Christophe Gobin, Auteur . - 2007 . - 1-12 p. Conception et production Langues : Français ( fre) in Techniques de l'ingénieur AGC > Vol. AGC1 (Trimestriel) . - 1-12 p.
Mots-clés : |
Economie fonctionnelleBusiness model |
Index. décimale : |
62 Ingénierie. Art de l'ingénieur. Technologie en général |
Résumé : |
La première décennie du XXIe siècle sera marquée par la recherche d'un nouveau « business model » sous la pression incontournable des exigences d'un développement durable. En effet, cette mise en perspective au plan mondial pose de fait deux problèmes essentiels dont la résolution passe par des concepts économiques renouvelés.
Le développement durable suppose désormais d'avoir un souci permanent de l'emploi des ressources mobilisées pour répondre à toute activité marchande. Ce retour aux sources de l'économie qui est par définition l'art de gérer la rareté n'est pas seulement salutaire. Il soulève une difficulté majeure, celle du financement. En effet, s'il s'agissait uniquement de produire de nouvelles offres, la solution passerait par une prime à l'imagination. Mais la réalité concerne aussi le stock des offres déjà placées. Leur mise à niveau dépasse de beaucoup la capacité de solvabilité. À titre d'exemple en construction, le renouvellement du stock est de l'ordre de 1 % l'an. C'est bien sûr un cas extrême mais les taux de renouvellement des parcs sont généralement inférieurs à 10 %.
La seconde difficulté à surmonter réside dans une autre dimension durable et qui n'est pas apparue immédiatement aux acteurs économiques. Contribuer à un développement durable, c'est œuvrer obligatoirement dans la durée. L'objet n'est pas de produire des artefacts qui durent plus longtemps. La vraie question est celle de réaliser que l'utilisateur final va avoir un rôle essentiel dans l'usage de l'offre. Un même produit suivant celui qui l'utilise va conduire à des comportements environnementaux contrastés. Toujours à titre d'illustration, un même bâtiment suivant ses occupants va voir ses performances environnementales affectées d'une variation de 15 %. Le développement durable suppose une coopération plus étroite entre producteur et utilisateur.
Ces deux éléments du contexte économique contemporain bousculent la représentation traditionnelle de l'économie marchande qui est fondée sur deux postulats :
*
l'offre fait l'objet d'une transaction instantanée c'est-à-dire ponctuelle ;
*
pour l'offre, l'équilibre utilisation/usage est une affaire hors marché relevant du domaine privé.
L'économie fonctionnelle prend elle le contre pied de cette économie classique.
Son premier principe est de découpler désormais le contenu technique de toute offre de l'usage que va en faire l'utilisateur final. Ce qui importe en effet c'est moins les moyens mis en œuvre que le résultat attendu. Cette inversion des priorités a pour avantage d'aller à l'essentiel c'est-à-dire de désigner la finalité recherchée préalable à toute transaction économique. Ce faisant, il ne s'agit pas de négliger la dimension technique de tout artefact mais bien de ne la considérer que comme auxiliaire de l'usage qu'elle concourt à délivrer. Cette prévalence de l'utilisation que certains qualifieraient de « service » ne doit pas induire un contresens. L'économie fonctionnelle n'est pas immatérielle ; au contraire, elle privilégie l'économie réelle mais la conditionnant à la mesure effective d'une fonctionnalité accomplie.
Le second principe de l'économie fonctionnelle est de se fixer un horizon d'évaluation plus large. Le « service » qui est procuré s'accompagne d'une prise en charge sur plusieurs années. La transaction marchande est donc dilatée et la relation client-fournisseur est pérennisée sur une longue période. Il ne s'agit pas alors d'une captation mais plutôt d'une fidélisation puisque le contrat liant les parties est équilibré car il repose sur un contrôle permanent du niveau de satisfaction. Cette prise en compte de la durée permet de desserrer la contrainte actuelle d'une rentabilité immédiate et à très court terme. L'économie fonctionnelle privilégie ainsi une relation de confiance entre les parties intéressées en engageant un jeu à somme positive alors qu'il est à l'heure actuelle trop souvent à somme nulle.
L'objectif de ce dossier est d'expliciter plus avant les composantes de l'économie fonctionnelle et ce en deux temps. Il sera tout d'abord examiné les raisons d'un recours à ce type de transaction. Puis les conditions de mise en œuvre seront détaillées. Tout cela doit permettre d'engager un débat collectif qui est le préalable pour le déploiement de ce modèle économique. |
Note de contenu : |
Bibliogr. Doc. AGC2010 |
REFERENCE : |
AG 2010 |
ISSN : |
1282-9072 |
Date : |
Juillet 2009 |
En ligne : |
http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/genie-industriel-th6/strate [...] |
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